Chronologie

Mettre fin à un siècle d'épidémies

Voila plus d'un siècle que la méningite à méningocoques ne compte plus ses victimes en Afrique sub-saharienne. Nous pouvons l'arrêter et mettre fin aux souffrances causées par cette maladie mortelle et débilitante, mais notre rêve ne deviendra réalité que si nous disposons de moyens suffisants pour introduire MenAfriVac®, le nouveau vaccin antiméningococcique conjugué A (Men A) développé par le Projet Vaccins Méningite, à grande échelle dans tous les pays de la ceinture de la méningite. MenAfriVac est fabriqué par Serum Institute of India Ltd (SIIL).

2014

En juillet, SIIL remet le dossier de variation d'autorisation de mise sur le marché en parallèle aux autorités réglementaires indiennes et à l'équipe de présélection de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Des cas isolés de méningite A sont recensés en Guinée où MenAfriVac n'a pas encore été introduit. Aucun cas de méningite A n'est signalé chez les 153 millions de personnes qui ont reçu MenAfriVac entre 2010 et 2013.

Médecins sans Frontières administre MenAfriVac à quelque 77 000 personnes vivant dans des camps de réfugiés au Soudan du Sud et au Tchad.

En février, la revue Vaccine publie les résultats de la première campagne de vaccination MenAfriVac menée sans réfrigération constante, montrant que la nouvelle approche a permis d’assurer une couverture complète et sans danger de la population, avec des avantages logistiques indiscutables. Une autre étude publiée dans le Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé montre que supprimer la chaîne du froid permet de réduire de moitié les coûts de stockage et de transport du vaccin.

2013

Le Soudan organise la seconde phase de sa campagne de vaccination MenAfriVac alors que le Nigeria mène sa troisième et avant-dernière campagne de vaccination. Le vaccin est introduit en Gambie, qui vaccine toute sa population cible en une seule campagne, et en Éthiopie, où les campagnes se poursuivront en 2014 et 2015. Certains pays organisent des campagnes de ratissage pour les populations nomades et les personnes habitant dans les camps de réfugiés. En tout, ce sont plus de 50 millions d’individus qui reçoivent le vaccin en 2013, portant le nombre de vaccinés à plus de 153 millions de personnes depuis l’introduction du vaccin dans la ceinture africaine de la méningite en 2010.

En septembre, la revue médicale The Lancet publie une étude sur l'effet remarquable de MenAfriVac au Tchad où l'incidence de la méningite à chuté de 94% après une campagne de vaccination menée en 2011. Le portage des bactéries qui provoquent la maladie a également été réduit de manière spectaculaire suite à la vaccination avec MenAfriVac.

En juin, l’OMS publie un rapport sur la saison épidémique 2012-2013 dans la ceinture africaine de la méningite, soulignant que le nombre de cas de méningite durant la saison écoulée est le plus faible enregistré depuis une décennie. L’OMS estime que cette diminution des cas pourrait être due à l’introduction progressive de MenAfriVac dans la ceinture.

2012

Le Cameroun et le Tchad terminent la vaccination des populations à risque avec MenAfriVac alors que le Nigeria continue d’introduire le vaccin. Le vaccin est introduit dans quatre nouveaux pays: le Bénin, le Ghana, le Sénégal et le Soudan. A la fin de 2012, ce sont plus de 100 millions de personnes qui ont été vaccinées contre la méningite A. Les activités de pharmacovigilance menées dans les dix pays qui ont introduit MenAfriVac continuent d'indiquer que c'est un vaccin très sûr.

MenAfriVac reçoit l’approbation réglementaire permettant au vaccin d’être conservé dans une chaîne à température contrôlée (CTC) à une température maximale de 40° C pendant 4 jours maximum. Un projet pilote utilisant l’approche CTC est mené au Bénin en novembre lors de l’introduction du vaccin dans le pays. Le projet est mené conjointement par le gouvernement béninois, OMS/AFRO, MVP et Optimize (le partenariat PATH-OMS en charge des activités liées à la CTC. MenAfriVac est le premier vaccin mis au point pour l’Afrique à pouvoir être utilisé de cette manière et montre la voie pour d’autres vaccins thermostables. La nouvelle flexibilité d’utilisation pourrait également augmenter l’efficacité des campagnes de vaccination et la couverture vaccinale à travers la ceinture de la méningite.

L'étude de phase 3 sur les nourrissons (PsA-TT-007) est lancée au Mali.

2011

En décembre 2011, le Cameroun, le Nigeria et le Tchad deviennent les quatrième, cinquième et sixième pays de la ceinture africaine de la méningite à introduire MenAfriVac à grande échelle. Environ 21 millions de personnes sont vaccinées dans les 3 pays alors que le Mali et le Niger conduisent la dernière phase d'introduction de leurs campagnes nationales, élevant le nombre de vaccinés à près de 55 millions. Les activités de pharmacovigilance menées dans les 6 pays qui ont introduit MenAfriVac en 2010 ou 2011 continuent d'indiquer que c' est un vaccin très sûr.

A la fin de la saison de la méningite 2010-2011, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ne recensent aucun cas de méningite à méningocoques A chez les individus qui ont reçu une dose de MenAfriVac lors des campagnes de vaccination de masse de septembre et décembre 2010.

L'étude de persistance est lancée en Gambie, au Mali et au Sénégal,

2010

Le 6 décembre, MenAfriVac est introduit à grande échelle au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Plus de 19,5 millions de personnes reçoivent le nouveau vaccin avant la fin de l'année. La pharmacovigilance menée dans les trois pays indique que MenAfriVac est un vaccin très sûr.

Des campagnes pilotes de vaccination avec MenAfriVac ont lieu en septembre au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Plus d'un million de personnes sont protégées contre la méningite à méningocoques A.

L'Organisation mondiale de la Santé présélectionne MenAfriVac. La présélection est une procédure qui garantit que les vaccins répondent à des normes internationales de qualité, d’innocuité et d’efficacité.

La FDA (administration indienne qui a pour mandat d’autoriser la commercialisation des médicaments) de l’état du Maharashtra accorde à Serum Institute of India Ltd. (SIIL) l’autorisation de mise sur le marché qui permet d’exporter et d’utiliser le vaccin conjugué MenA en Afrique. Cette décision fait suite à la requête déposée en décembre 2009 par les autorités réglementaires indiennes (Drugs Controller General of India) demandant que MenAfriVac soit mis à la disposition des pays de la ceinture de la méningite.

L'étude de phase 3 PsA-TT-005 est lancée en Inde (consistance de lots).

L'étude de phase 3 PsA-TT-006 est lancée au Mali (innocuité).

2009

Lumbar punction in the 1950s.

Ponction lombaire vers 1950. La même technique est utilisée de nos jours pour diagnostiquer la maladie.

Les craintes qu'une nouvelle vague épidémique ait pris naissance en Afrique se confirment avec l'annonce de 78 890 cas suspects de méningite et de 4 243 décès pendant la saison épidémique.

Médecins Sans Frontières lance la plus grande campagne de vaccination de masse jamais organisée et déploie jusqu'à 400 équipes de vaccination afin d'immuniser 7,5 millions de personnes au Niger, au Nigéria et au Tchad.

Le nouveau système de surveillance cas par cas est testé dans des districts pilotes au Burkina Faso.

SIIL soumet le dossier réglementaire au Drugs Controller General of India (DCGI) afin d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché du vaccin antiméningococcique conjugué A (conjugué MenA); SIIL soumet également le dossier de préqualification du vaccin à l'Organisation mondiale de la Santé.

L'équipe clinique prépare PsA-TT-005 (étude de consistance de lots en Inde) et PsA-TT-006 (étude d'innocuité en Afrique).

La consultation sur les études de portage en Afrique, qui avait été organisée sous l'égide de l'OMS en 2005, aboutit à la création du «African Meningococcal Carriage Consortium» (MenAfriCar). La London School of Hygiene and Tropical Medicine est chargée de diriger ce consortium qui représente la plus importante initiative jamais créée afin de mieux comprendre le mode de transmission de la méningite à méningocoques en Afrique. MenAfriCar travaillera étroitement avec MVP dans les prochaines années.

2008

Un total de 33 381 cas suspects de méningite, dont 3 276 décès, sont signalés en Afrique.

SIIL prépare les lots de consistance pour l'étude de phase 3 (PsA-TT-005) et réalise d'importants progrès dans la préparation du dossier réglementaire.

De nouvelles directives pour la surveillance cas par cas sont élaborées. L'ancien système faisait état des cas suspects de méningite. Le nouveau système permettra de rapporter les cas confirmés et fournira des données épidémiologiques et de laboratoire complètes.

L'étude de phase 2 sur les nourrissons (PsA-TT-004) est lancée au Ghana.

La revue américaine Science publie un article de 6 pages sur la méningite et le développement d'un vaccin conjugué MenA pour l'Afrique.

L'Agence de Médecine Préventive finalise une étude sur la perception et l'impact socioéconomique de la méningite au Burkina Faso. L'étude se penche de manière systématique sur la lourde charge de morbidité que la méningite représente sur les familles et le système de santé burkinabè.

2007

Un total de 45 997 cas suspects de méningite, dont 4 150 décès, sont signalés en Afrique; 26 878 de ces cas sont signalés au seul Burkina Faso, forçant le gouvernement à demander l'aide internationale. La demande est bien reçue et 3 millions USD sont réunis pour l'organisation de campagnes d'urgence de vaccination.

SIIL et MVP développent un plan stratégique d'homologation et de production du vaccin.

SIIL prépare le lot clinique pour l'étude sur les nourrissons et commence à rassembler les documents pour le dossier réglementaire qui doit être soumis au Drugs Controller General of India (DCGI) afin que le vaccin conjugué MenA soit homologué en Inde.

Les résultats à la semaine 4 de PsA-TT-002 – l'étude clé de phase 2 – montrent que le vaccin conjugué MenA est sans danger et très immunogène. Ces résultats permettent de lancer les études de phase 2/3 PsA-TT-003 et PsA-TT-003a.

La fondation Michael & Susan Dell s'engage à apporter un appui de 4 millions USD pour l'introduction du vaccin au Burkina Faso.

Le Norwegian Research Council fait un don de 2 millions USD à l'Institut norvégien de Santé Publique afin de financer les études de portage. Ce projet est une collaboration entre les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC), MVP, OMS/AFRO et le ministère de la santé du Burkina Faso.

Rockhopper TV produit un film documentaire sur l'épidémie de 2007 pour la série Kill or Cure de la BBC. Le programme montre les réalités des épidémies de méningite en Afrique.

2006

Un total de 41 526 cas suspects de méningite, dont 3 967 décès, sont signalés en Afrique. La communauté internationale craint que ce nombre important de cas marque le début d'une nouvelle vague épidémique en Afrique. Six millions de personnes sont vaccinées avec des vaccins polyosidiques. Le coût direct de ces campagnes d'urgence de vaccination est évalué à 3,5 millions USD pour le seul Burkina Faso (5% des dépenses annuelles de santé du pays).

SIIL termine la construction de la nouvelle usine où le vaccin conjugué MenA sera produit.

Les données de suivi à un an de PsA-TT-001 montrent que le vaccin est sans danger et immunogène.

PsA-TT-002, l'étude clé de phase 2 est lancée. L'étude évalue l'innocuité et l'immunogénicité du vaccin conjugué MenA dans la plus jeune tranche d'âge visée par les campagnes de vaccination de masse.

Docteur Luis G. Sambo, le nouveau directeur du bureau régional OMS de l'Afrique participe à la 5e réunion du Groupe consultatif de projet (PAG) à Brazzaville au Congo, et assure le MVP de son total soutien au projet.

2005

Un total de 18 311 cas suspects de méningite, dont 2 581 décès, sont signalés en Afrique.

La première étude clinique, PsA-TT-001, est lancée. Cette étude de phase 1 évalue l'innocuité et l'immunogénicité du vaccin conjugué MenA chez 74 adultes sains en Inde.

SIIL prépare de nouveaux lots de conjugué MenA pour les études cliniques de phase 2 et les études de stabilité.

Les procédures opérationnelles standard sont finalisées pour la surveillance renforcée de la méningite dans les pays de la ceinture.

WHO entreprend une analyse rétrospective de deux décennies de données épidémiologiques au Burkina Faso, au Mali et au Niger, alors que des experts se rencontrent à Genève afin d'explorer la manière de financer des études approfondies sur le portage du méningocoque en Afrique.

Les participants à un atelier tenu à Ouagadougou au Burkina Faso s'accordent sur les stratégies d'introduction du vaccin conjugué MenA en Afrique sub-saharienne.

2004

Un total de 31 712 cas suspects de méningite, dont 4 123 décès, sont signalés en Afrique.

PATH conclut un contrat de sous-licence avec SIIL afin de développer, tester, et produire des lots cliniques et commerciaux de vaccin conjugué MenA. Le prix cible du vaccin est fixé à 0,40 USD la dose.

INTOX Pvt Ltd réalise des tests de toxicité et tolérance sur le vaccin candidat. Les résultats montrent que le vaccin n'a pas d'effets délétères sur l'animal.

SIIL prépare les lots expérimentaux et les premiers lots cliniques du vaccin conjugué MenA.

Le MVP établit des partenariats avec le laboratoire américain des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et le laboratoire britannique de la Health Protection Agency (HPA). Les deux laboratoires réaliseront les tests sérologiques servant à mesurer la réponse anticorps obtenue lors des essais cliniques par le vaccin conjugué MenA.

Aidé de ses consultants, le MVP conçoit un plan de développement clinique pour l'évaluation de l'innocuité et de l'immunogénicité du vaccin conjugué MenA.

2003

Les premiers accords intérimaires sont signés.

Aidé de ses consultants, le MVP développe et met en place un calendrier pour les opérations pharmaceutiques comprenant la formation du personnel, le transfert de la technologie de conjugaison, la préparation des lots cliniques et la production à grande échelle du vaccin.

Assisté de ses consultants, le MVP aide les fournisseurs à améliorer les méthodes de purification des matières premières. Le projet dirige le transfert de la technologie de conjugaison du Center for Biologics Evaluation and Research (CBER) à SIIL. CBER transfère la technologie de conjugaison à SIIL en décembre.

L'équipe clinique du MVP visite des sites susceptibles d'accueillir les essais vaccinaux. Lors de chaque visite, l'équipe évalue les capacités du site à organiser des études cliniques et prend contact avec les représentants des autorités sanitaires locales et nationales.

Le MVP apporte un soutien financier à la surveillance renforcée de la méningite en Afrique. Le Centre de Surveillance Pluripathologique ou Multi-Disease Surveillance Center (MDSC) de Ouagadougou au Burkina Faso rédige les premiers bulletins détaillés de surveillance de la méningite dans trois pays de la ceinture, qui font état de 8 256 cas suspects de méningite, dont 1 985 décès. Ces bulletins de surveillance deviennent une production régulière de l'OMS/AFRO à partir de 2003.

2002

Il apparaît clairement qu'aucun fabricant de vaccins dans les pays industrialisés ne peut produire un vaccin antiméningococcique conjugué MenA à un coût inférieur à 0,50 USD la dose.

Le MVP explore d'autres stratégies permettant de développer ce vaccin et identifie: (a) les fournisseurs des deux principaux composants du vaccin conjugué; (b) un collaborateur pouvant développer et transférer un procédé de conjugaison qui «conjugue» (lie de manière chimique) les deux composants ensemble; et (c) un développant de vaccin dans un pays en voie de développement qui accepte de produire à grande échelle un vaccin antiméningococcique conjugué MenA à un coût abordable (Serum Institute of India Ltd [SIIL]).

Le MVP met en place un plan détaillant les stratégies pharmaceutique, clinique, et réglementaires pour le développement d'un vaccin antiméningococcique conjugué contre le groupe A (conjugué MenA). Le plan obtient l'aval du groupe d'experts et du groupe consultatif de projet – ce dernier se réunissant pour la première fois à Abuja au Nigéria.

Le MVP développe son identité visuelle (logo et site Internet).

2001

La Fondation Gates attribue 70 millions USD à l'OMS et à PATH pour le développement de vaccins antiméningococciques en Afrique. Le docteur F. Marc LaForce est nommé directeur du projet MVP qui prend ses quartiers dans le bureau PATH de Ferney-Voltaire en France.

Des discussions préliminaires sont menées avec des responsables de la santé publique en Afrique. Ces derniers insistent sur le fait qu'un vaccin à un coût supérieur à 0,50 USD est au-dessus de leurs moyens.

Les activités de surveillance renforcée sont mises en place dans trois pays de la ceinture de la méningite.

Le MVP prend contact avec les principales firmes pharmaceutiques pour discuter du développement de vaccins antiméningococciques conjugués à un prix abordable en Afrique.

2000

L'OMS planifie le développement de vaccins conjugués capables d'éliminer les épidémies de méningite en Afrique. Des délégués de pays africains et de Méditerranée orientale, des organisations multilatérales, des fabricants de vaccins ainsi que des représentants de la communauté scientifique se réunissent à l’OMS et arrivent à la conclusion que:

  • les pathologies liées au méningocoque sont un problème majeur de santé publique;
  • les stratégies actuelles de préparation et riposte aux épidémies sont insuffisantes;
  • le développement d'un vaccin conjugué pour l'Afrique est une importante priorité.

A la fin de l'année, des plans sont élaborés pour la création du Projet Vaccins Méningite («Meningitis Vaccine Project» [MVP]) à travers une collaboration entre l'OMS et PATH.

1996

Plus de 25 000 personnes décèdent lors de la plus grande épidémie de méningite à méningocoques jamais enregistrée au monde. Plus de 250 000 cas sont signalés à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Debut des années 1990

Des vaccins conjugués mieux adaptés à l'Afrique sont testés au Niger et en Gambie mais les essais sont interrompus au milieu des années 1990.

1966

Des vaccins polyosidiques capsulaires sont développés pour lutter contre les épidémies de méningite dans les pays industrialisés mais leur efficacité à grande échelle reste limitée en Afrique.

1909

Des flambées épidémiques de méningite sont observées en Afrique, principalement dans la région sub-saharienne, où elles continuent de faire des ravages.

1887

La bactérie Neisseria meningitidis est identifiée comme étant la cause principale de la méningite bactérienne à méningocoques.

1805

Des chercheurs décrivent pour la première fois les symptômes de la méningite lors d'une épidémie à Genève en Suisse.

Photo: Association Amicale Santé Navale et d'Outre-Mer.