Développer des vaccins conjugués pour l’Afrique

Les recherches scientifiques montrent que si l’on couple de manière chimique une protéine telle qu’une anatoxine diphtérique ou tétanique à un antigène polyoside, le vaccin qui résulte de la conjugaison est plus efficace et procure une plus longue protection. Ce procédé de conjugaison a été utilisé dans la production de trois vaccins anti-méningococciques conjugués de groupe C qui se trouvent actuellement sur le marché britannique. Ces vaccins furent brevetés en 1999 et de récents rapports témoignent de leur sûreté et de leur efficacité à réduire le taux d’incidence de la méningite C au Royaume-Uni.

L’utilisation de cette technologie de conjugaison permettrait de développer pour l’Afrique des vaccins polyosidiques conjugués à une protéine porteuse qui

  • seraient immunogènes chez les jeunes enfants,
  • procureraient une protection de longue durée,
  • créeraient une immunité de groupe.

Prenant en compte ces différents facteurs, y compris le fait que les méningocoques de serogroupe A sont en ce moment la cause principale des méningites épidémiques et endémiques dans la ceinture sub-saharienne, le Projet Vaccins Méningite a décidé de développer un vaccin antiméningococcique conjugué contre le sérogroupe A utilisable lors de campagnes de vaccination en Afrique.

Le vaccin n’a pas de marché en dehors de l’Afrique et ne pourrait être développé sans l’appui de MVP. Selon les estimations, il faudra produire 250 millions de doses de vaccin antiméningococcique conjugué contre le sérogroupe A au cours d’une période de 10 ans afin de pouvoir immuniser toutes les personnes âgées de 1 à 29 ans.

Crédit photo: Benoît Lange (gauche); OMS (droite)

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